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Pourquoi on commence le sport en janvier… et pourquoi on s’arrête


Chaque mois de janvier, le même scénario se répète. Les salles de sport se remplissent, les agendas se réorganisent, les bonnes résolutions refont surface. Pendant quelques semaines, l’élan est là. Puis, progressivement, la pratique s’espace. Jusqu’à parfois disparaître complètement.
On explique souvent ce phénomène par un manque de motivation ou de volonté. Pourtant, les recherches en psychologie du sport et en sciences du comportement racontent une toute autre histoire.
Si l’on arrête le sport, ce n’est généralement pas parce qu’on est faible. C’est parce que le cadre dans lequel on a essayé de s’y mettre était mal conçu.

La fausse croyance de la motivation infinie

La motivation n’est pas un stock, mais un phénomène fluctuant

En début d’année, la motivation est portée par plusieurs facteurs puissants : nouveauté, projection positive, sentiment de reprise de contrôle. Cette énergie initiale est souvent interprétée comme une preuve que “cette fois, ça va durer”.
Le problème est là.
La motivation n’est pas une ressource stable. Elle varie selon la fatigue, le stress, la charge mentale, les imprévus du quotidien. Attendre qu’elle reste élevée en permanence est une erreur de lecture du fonctionnement humain.
Lorsque la pratique sportive repose uniquement sur cette énergie de départ, elle devient fragile. Au premier coup de fatigue ou à la première semaine compliquée, le système s’effondre.

Pourquoi janvier amplifie cette illusion

Janvier concentre toutes les attentes : nouvelle année, nouveau départ, pression sociale implicite. On commence souvent trop fort, trop vite, avec des objectifs élevés. Cette intensité crée un pic… suivi presque mécaniquement d’une baisse.
Ce n’est pas un échec. C’est une courbe normale.


Quand le cerveau choisit l’option la plus simple

La logique de l’effort minimum

Le cerveau humain est programmé pour économiser de l’énergie. Face à deux options, il privilégie celle qui demande le moins d’effort immédiat.
Après une journée de travail, il ne compare pas seulement votre envie de faire du sport. Il évalue aussi :
  • le temps de déplacement,
  • la logistique,
  • la fatigue perçue,
  • l’inconfort anticipé,
  • le regard des autres.
Ce sont ces frictions cumulées qui font basculer une bonne intention vers l’abandon.

La volonté surestimée, la friction sous-estimée

On parle beaucoup de mental, très peu de contexte. Pourtant, réduire une seule contrainte peut parfois avoir plus d’impact que renforcer la motivation.
Un sport difficile d’accès, mal intégré à l’emploi du temps, restera toujours vulnérable, même avec une forte envie de départ.


Le piège du “tout ou rien” dans la pratique sportive

Une distorsion cognitive fréquente

Beaucoup de personnes évaluent leur pratique sportive de manière binaire :
  • soit tout est respecté,
  • soit tout est considéré comme raté.
Manquer une séance devient alors une preuve que “ce n’est pas fait pour moi”. Cette logique transforme le sport en test permanent, au lieu d’en faire un processus.

Le corps réagit à la répétition, pas à la perfection

D’un point de vue physiologique, deux séances irrégulières valent toujours mieux qu’un programme parfait jamais suivi. Mais psychologiquement, l’écart est vécu comme une faute.
Cette culpabilité accumulée crée de la lassitude. Puis l’arrêt.


Motivation extrinsèque et motivation intrinsèque : une confusion fréquente

Pourquoi beaucoup arrêtent malgré de bons résultats

La motivation extrinsèque repose sur des récompenses externes : perdre du poids, améliorer son apparence, répondre à une norme sociale. Elle est souvent très efficace au départ.
Mais elle est instable.
Dès que les résultats ralentissent ou que la comparaison devient défavorable, l’élan s’effondre.

Le plaisir arrive plus tard qu’on ne le croit

La motivation intrinsèque — celle qui repose sur le plaisir, le bien-être, le sentiment de progression — met du temps à se construire. Elle apparaît souvent après une phase inconfortable.
Beaucoup arrêtent précisément avant ce basculement.


Le rôle central des habitudes dans la durée

Pourquoi décider chaque jour est épuisant

Lorsqu’aucun créneau fixe n’est défini, chaque séance devient une négociation interne : “Est-ce que j’y vais aujourd’hui ? Est-ce que je reporte ?”
Plus il y a de décisions à prendre, plus le risque d’abandon augmente.

Transformer le sport en rendez-vous

Les recherches sur les habitudes sont claires : ce n’est pas l’intensité qui crée la durabilité, mais la régularité dans un contexte stable.
Un horaire identifié, un lieu, une organisation anticipée transforment l’effort en rituel. Le sport cesse d’être une exception.

Le poids invisible des expériences passées

Quand le corps se souvient

Pour beaucoup, le sport est associé à des souvenirs négatifs :
  • humiliation,
  • douleur excessive,
  • sentiment d’incompétence,
  • environnement jugé hostile.
Même inconsciemment, le cerveau cherche à éviter ce type de situation.

Arrêter n’est pas toujours un rejet du sport

C’est parfois une stratégie de protection. Tant que ces associations ne sont pas déconstruites, la reprise reste fragile.


Et si le problème n’était pas vous, mais le cadre proposé ?

Arrêter le sport ne raconte pas une histoire de faiblesse individuelle. Il raconte souvent :
  • un environnement trop contraignant,
  • des attentes irréalistes,
  • une mauvaise compréhension de la motivation,
  • des habitudes jamais installées,
  • des expériences passées non digérées.
Repenser la pratique sportive, ce n’est pas se forcer davantage. C’est créer des conditions compatibles avec la vie réelle.


Comment installer une pratique sportive durable

Revoir l’objectif

Moins de performance immédiate. Plus de continuité.

Réduire les frictions

Rendre la pratique simple, accessible, prévisible.

Accepter la phase inconfortable

Le moment où l’envie baisse n’est pas un signal d’échec, mais une étape normale du processus.

Conclusion : arrêter le sport n’est pas une fatalité

Chaque année, beaucoup recommencent en janvier en pensant devoir être plus motivés que l’année précédente.
La vraie question n’est pas : “Comment me motiver plus ?”
Mais plutôt : “Comment créer un cadre qui me permet de continuer quand la motivation baisse ?”
C’est ce changement de regard — sur le sport, sur soi, sur la régularité — qui permet de transformer une résolution de janvier en une pratique durable toute l’année..